Edité le 05/02/2012

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Assise philosophique


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Deux thèmes sont développés ici :

  • l'intelligence de la relation, enjeux collectifs, enjeux individuels ;

  • quelques exemples de l'approche des comportements en pyramide inversée.
 

L'intelligence de la relation, enjeux collectifs, enjeux individuels

Pyramide_rouge.jpgNous proposons la formulation de « pyramide inversée » pour traduire la notion de coopération entre acteurs, coopération qui fait appel à une certaine éthique, celle dans laquelle les acteurs choisissent de répondre à leurs enjeux personnels en faisant le choix des enjeux collectifs en premier lieu.

Comme le dit en souriant l'éthologue Karl Von Frish [1] : «  La fourmi est un animal intelligent collectivement et stupide individuellement, l'homme c'est l'inverse ! ».

L'enjeu n'est pas de ressembler aux fourmis pour assurer l'avenir de la société mais beaucoup plus de développer notre intelligence collective tout en conservant (voire en raffermissant !) notre intelligence individuelle.

En fait, pour nous à la suite d'Olivier Zara, « l'Intelligence Collective, c'est l'intelligence du lien, de la relation ». Dans son livre « Le management de l'Intelligence Collective [1] », il explique que :

« Le contrat social actuel est implicitement fondé sur une logique de non-coopération. Les coopérations existent bien sûr, mais elles ne sont pas exigées ni attendues par le corps social. Elles sont informelles. Il est certain que l'on n'avancera pas vers une Intelligence Collective sociétale sans un nouveau contrat social que l'on pourrait appeler contrat collaboratif  ».

 

Quelques exemples de l'approche des comportements en pyramide inversée

Nous souhaitons souligner que cette notion de « pyramide inversée » est fondamentalement une dynamique, voire un cheminement. A ce titre, elle est vivante et devient comme insaisissable. On ne peut donc en donner une définition sans qu'aussitôt après elle soit perçue comme réductrice.

Il nous faut sans doute proposer des exemples pour que cette notion s'incarne dans nos représentations puis nos actes et qu'enfin nous puissions en rendre compte à ceux qui nous demandent d'en témoigner :

  • Si nous devions prendre le modèle classique Contenu/Processus/Sens cher aux accompagnants, nous pourrions dire que la pyramide inversée relève du processus et du sens plus que du contenu.

  • Vivre selon la pyramide inversée, c'est choisir l'excellence plutôt que la performance. Or, l'excellence, comme nous l'avons définie, c'est le fait d'être aligné dans nos différentes vertèbres identitaires (selon le modèle des neuf niveaux de sens proposé par Vincent Lenhardt [2]).

  • Vivre selon la pyramide inversée, c'est fondamentalement accepter de traiter ses ambivalences et non pas ne pas en avoir. La condition humaine est foncièrement et ontologiquement ambivalente.

  • Vivre selon la pyramide inversée, c'est travailler à devenir libre du système alors même que l'on est dans un système.

  • Vouloir habiter la pyramide inversée relève d'un travail identitaire d'intégration des Etats du Moi dans la définition qu'en donne l'Analyse Transactionnelle. Etre plus humain voire hyperhumain comme le dit Jacques Attali dans son ouvrage « une brève histoire de l'avenir  » [3], c'est vivre selon la pyramide inversée.

  • Le juste traitement de son complexe de l'imposteur (renoncer à la perfection pour l'exemplarité en cette matière), c'est faire le choix de la pyramide inversée.

  • Le choix de l'interdépendance après avoir vécu une réelle indépendance relève de la pyramide inversée : après l'action au nom du père (processus de soumission nécessaire au début pour permettre l'apprentissage, la soumission et la subordination peuvent devenir serviles si elles ne sont pas dépassées, voire réduire la dignité de l'homme), avoir habité l'action au nom du fils (pour son propre bien, avoir fait le choix de l'indépendance) permet de poser le choix de l'interdépendance, de l'action au nom du bien commun (action au nom de l'esprit).

  • Vivre selon la pyramide inversée est un état d'être plus qu'un état d'avoir qui exige pourtant que l'on ait eu. Le miséreux ne peut pas faire le choix de la pauvreté. Il s'agit bien évidemment de distinguer la pauvreté de cœur (qui relève de la pyramide inversée) de la misère, qu'il convient tout bonnement de combattre.

  • Vivre selon la pyramide inversée amène à revoir son rapport au temps et à réintégrer la durée et les saisons dans sa propre croissance, son rapport à l'argent, au matérialisme ambiant sans le juger, et, d'une façon générale, le tout dans une réappropriation d'un rapport sain - écologique dira-t-on - aux choses et au monde.


Conclusion

L'un des enjeux de maïeutis est de proposer un espace d'apprentissage de ce regard « en pyramide inversée ». Il s'agit, au plan sociétal de générer une éthique de la collaboration.

La « pyramide inversée », constitue pour nous une image du monde et, à ce titre, l'assise philosophique de la marque.

 

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[1] cité par Olivier Zara dans son ouvrage « Le management de l'Intelligence Collective », Ed M2 Editions.

[2] Les responables porteurs de sens, Vincent Lenardt, Ed. Insep 2004

[3] Une brève histoire de l'avenir, Jacques Attali, Ed. Fayard 2006