Pour ceux qui n’ont pas lu le premier tome !

Dans la première partie du premier volume (sur les cinq de cette collection traitant du « coaching global »), j’ai présenté, à la suite de nombreux auteurs, des éléments que je considérais essentiels pour caractériser la mutation que nous traversons à l’heure actuelle. S’il ne fallait choisir qu’une expression, je parlerais volontiers de ruptures macroscopiques, qu’elles soient technologique, économique, sociologique, écologique, existentielle et peut-être même spirituelle, et d’une quête de sens sans précédent… Or, dans cette quête et dans ces mutations, le meilleur semble côtoyer le pire et inversement !

  • Sur le plan technologique, on peut citer la démultiplication des accès à l’information, alors même que la maturité psychologique et existentielle des utilisateurs n’est pas toujours à la hauteur.
  • Sur les plans économique et organisationnel, l’entreprise devient un lieu de développement malgré les vicissitudes qu’elle connaît en Europe ; les modes managériaux sont en crise et les principes du management classiques sont vermoulus.
  • Au plan sociologique, nous passons d’une société de la névrose à celle de la dépression (Alain Ehrenberg) mais, simultanément, on constate le raffermissement d’une conscience écologique et l’émergence de valeurs qui sous-tendent le développement durable.

En regard de ces éléments, je me suis attardé sur la double dynamique d’accompagnement personnel et professionnel qu’il convient, à mon sens, de
suivre pour permettre à l’être humain du xxie siècle :

  • de se tenir debout face aux nombreux défis auxquels il doit se confronter ;
  • et de se réapproprier la responsabilité du sens (direction et signification) qu’il donne à son existence.

Comme le montre le schéma ci-dessous, reflet général de la pédagogie  s’accompagnement de l’Institut maïeutis, le développement personnel entraîne le développement professionnel qui, en retour, impacte le développement personnel. Tout se passe selon une circularité vertueuse qui repose sur un projet de société qui se résume à favoriser le développement du « constructionisme social ». Ce concept, que j’emprunte à Kenneth Gergen, est le résultat en termes de significations, compréhensions, connaissances et valeurs collectives de toutes les conversations et actions qui se déroulent partout dans le monde et qui remettent en question nos savoirs autoritaires.

Accompagnement par le sens

 

La démarche du « constructionisme social », comme son auteur le souligne, nous incite « à nous voir intrinsèquement interdépendants et, ce faisant, à penser que notre avenir dépend de la façon dont nous gérons ces interdépendances. Cela passe nécessairement par le développement de nos capacités à transformer collectivement la construction de nos personnalités et celle du monde » (Kenneth J. Gergen, Construire la réalité – Un nouvel avenir pour la psychothérapie, Éditions du Seuil, 2008).

Ma première conviction est que l’accompagnement devient un outil essentiel
de la démarche et la relation un langage euristique pour mettre en œuvre un tel chantier…

Ma seconde conviction est que la déclinaison de ce « constructionisme social » doit se faire dans l’ensemble des domaines de notre vie collective et individuelle, qu’elle soit professionnelle ou encore personnelle. J’avais fait le choix, dès le début de la rédaction de cette « somme » consacrée à  l’accompagnement, de commencer par expliciter une démarche d’intelligence collective dans le champ professionnel que j’ai développée laquelle permet de capitaliser les pratiques de conduite des hommes et les savoirs relationnels de l’entreprise. Cela faisait précisément l’objet de la deuxième partie du premier tome.

Dans ce deuxième volume, qui se divise en deux tomes, je m’attelle à expliciter les grands axes de ce que l’on nomme le coaching professionnel, c’est-à-dire l’accompagnement des managers et des dirigeants ainsi que le travail de
régulation et de médiation en entreprise.

Un des enjeux de ces types d’accompagnement est de permettre à chacun de construire en conscience son propre cheminement professionnel et de répondre à une forme d’appel intérieur, véritable vocation, à transformer le monde et à lui donner du sens, prérogative inaliénable de la condition humaine.

Présentation rapide du contenu de ce deuxième volume

Ce volume 2 est composé de deux tomes.

Dans le premier tome, j’aborde dans une première partie les moteurs qui sous-tendent la démarche du coaching en entreprise. Puis, en deuxième partie, je traite de ce que j’ai nommé le « Développement de l’Identité Autonome Managériale » (le « DIAM »). Il s’agit de présenter les savoir-faire et savoir-être spécifiques utiles à connaître et à développer pour un manager pris dans un environnement professionnel complexe. J’en ai identifié six : la connaissance de soi, les identités managériales, le maintien de sa sécurité intérieure dans un quotidien chaotique, l’animation d’équipe, la prise de décision, l’art de donner du sens à son travail pour maintenir sa motivation.

Les troisième et quatrième parties du volume 2 font l’objet du second
tome. Tout d’abord, je m’attarde longuement sur le coaching de dirigeant qui se distingue du coaching de manager. Cette distinction porte d’une part sur les thèmes techniques à aborder lors de tels accompagnements, d’autre part sur le rôle symbolique que le dirigeant occupe « malgré lui ». Ce dernier doit en effet assumer de devenir une icône de représentation collective en remplacement des figures classiques d’autorité (État, Armée, Église, École, Famille, etc.) qui semblent être en crise dans la société actuelle. La quatrième partie est consacrée aux processus de vie d’équipe, de régulation et de médiation entre les membres d’un groupe qui doivent travailler ensemble. Nous y verrons combien le terme de « régulation » est générique et couvre un continuum de pratiques, depuis la mise à plat de représentations jusqu’à la gestion de conflit.

Rappel du projet rédactionnel et des éléments développés dans les troisième, quatrième et cinquième volumes

Le projet rédactionnel de cette collection est de rendre compte de protocoles qui permettent d’accompagner les acteurs de et dans la « révolution noétique » que nous traversons :

  • Il faut entendre par le premier terme de cette expression (« révolution ») que nous ne vivons pas simplement une évolution mais que nous sommes entrés dans une période de transformation si profonde que nos points de repères qui faisaient notre stabilité d’hier ne peuvent précisément plus jouer le rôle de stabilisateur. Cette mutation s’apparente à une véritable révolution.
  • Le second terme (« noétique ») se réfère dans notre contexte à la nécessité pour chacun d’apprendre à construire du sens en développant une écoute intérieure profonde, en (re)découvrant l’importance de respecter l’humain et son environnement, dont il ne peut se départir, respect qui seul nous permettra de vivre ces mutations.

Compter et contrôler dans une perspective économique, cela n’a jamais été suffisant, mais on s’est contenté de cela depuis le début de l’ère industrielle. Le progrès devait répondre à toutes nos aspirations. Mais cette conception a fait long feu. À l’ère postindustrielle, il nous faut développer individuellement autant que collectivement la compétence de raconter et de donner du sens à ce que nous vivons. Sans quoi nous risquons de sombrer sociologiquement et psychologiquement dans le vide existentiel (tel que Viktor Frankl en parle et que j’ai explicité dans le tome 1), ce qui aura pour conséquence l’exacerbation des violences les plus barbares dont nous sommes quotidiennement les témoins par le truchement des médias…

Le troisième volume abordera des formes d’accompagnement qui traitent d’aspects plus individuels voire plus intimes du fonctionnement de l’être humain : prises de décisions existentielles, travail sur les croyances limitantes qui nous empêchent de déployer ce dont nous sommes porteurs, réévaluation de nos valeurs et de leurs équivalences concrètes dans notre vie. On croit souvent que cela relève de démarches ou protocoles thérapeutiques. Pourtant, comme chacun traverse tôt ou tard ces réajustements dans l’existence, autant en connaître leur fonctionnement, l’anthropologie qui les sous-tend, leurs attentes.

Les quatrième et cinquième volumes seront l’occasion de nous réinterroger sur ce que nous savons de l’évolution, du développement de la conscience, et finalement de revisiter ce que nous connaissons de notre identité spirituelle en tant qu’être humain. La raison d’être de ces deux derniers tomes sera de cheminer à tâtons mais résolument autour de ce que nous savons et ce dont nous avons l’expérience culturellement et surtout individuellement de notre vie intérieure spirituelle.

Progression des ouvrages et schéma récapitulatif

Les différents concepts sont présentés selon la progression de chaque ouvrage mais dans la dynamique d’un tout. L’enjeu étant de permettre une fertilisation croisée donnant plus de puissance au tout qu’à la somme des parties si elles étaient prises de façon distincte, sans fil directeur. Le schéma suivant récapitule les centres de gravité de chaque ouvrage et les place sur les vertèbres de la « colonne du sens » dont nous devons la modélisation à Vincent Lenhardt et que j’ai modifiée quelque peu et présentée succinctement dans le premier volume.

sequence des livres de la serie Coaching Global